Zéro / Marc Rossignol

Un entretien avec Marc Rossignol (12 min.)

Dans l’inscription du zéro, il y a déjà sa négation car cela entoure quelque chose. D’un point de vue graphique, c’est une décision, car avant de prendre l’outil, on sait qu’on va terminer là où on a commencé. Dans les années 60/70 on regardait les étoiles et on représentait la voie lactée. Aujourd’hui, on est devenu complètement nombriliste, et ce qui intéresse, c’est la Terre vue du ciel, plus que les cratères de la Lune ou de Mars. Cette attitude de repli est un peu nulle.
Certaines peuplades réalisent des graphs tout ce qu’il y a de plus rigoureux mathématiquement, servant de moyens mnémotechniques, à la récitation des Mythes, ramenant l’ordre mathématique à l’ordre du pulsionnel, car malgré que toute notre vie soit calculée, l’existence est toujours aussi aberrante, ce qui est pathétique par excellence.

Marc Rossignol, artiste et enseignant, il s’intéresse aux frontières, tant du langage qu’aux frontières sociales et culturelles.