Le passage du témoin

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Ouvrage constitué de 37 portraits (réalisés à la chambre technique 4×5 inch) et témoignages de rescapés des camps de concentration et d’extermination nazis.
Photographies d’André Goldberg, témoignages recueillis par Dominique Rozenberg, sociologue
Préface de Geoffrey Hartman, Directeur de projet Video archive for holocaust Testimonies (Yale University)
Historique de Yannis Thanessekos Directeur de la Fondation Auschwitz
Paru en 1995 aux éditions de la Lettre volée avec le soutien de la Fondation Auschwitz.

Les origines du projet
1. L’urgence de dire et d’agir contre l’oubli :
L’idée du passage du témoin est née en 1994 à la veille des 50 ans de la libération des camps nazis . Un projet pour répondre à un sentiment d’urgence face à la perspective proche de la disparition des derniers témoins directs de ces évènementset à un sentiment d’inquiétude aussi face à la montée des idées d’extrême droite en Europe, face au révisionnisme face au génocide rwandais et aux épuration ethniques en Bosnie.
L’expérience vécue des rescapés des camps de la mort se devait d’être transmise contre toutes les entreprises de dénégation et de falsification et plus encore contre l’oubli-ultime injure du sort vis-à-vis de ces bien involontaires témoins de l’inhumain- cette part de barbarie enfouie dans l’Homme et qui ne demande que l’effacement de ses traces pour ressurgir sous des appellations et dans des contrées toujours renouvelées.
Il ne s’agissait pas de restituer une vérité historique à laquelle s’attèlent les spécialistes, mais de tenter avec humilité et simplicité d’écouter ce que ces gens avaient à dire et à rendre la dignité des traits de ces agents de notre mémoire collective

2. Photographie et texte s’unissent pour ne pas oublier :
Ce projet comportait deux volets indissociables : le recueil de témoignages et le portrait photographique. Un témoignage en deux temps : ils dévoilaient l’image d’eux-mêmes tels qu’il étaient en 1995 , 50 ans après les faits tout en délivrant le récit de leur douloureuse histoire passée.
Toutes les personnes rencontrées à l’époque ont été des témoins actifs et volontaires toute leur vie. Ils sont allés dans les écoles, les colloques, aux procès pour donner leur voix à la vérité.
A ce jour, la quasi-totalité des rescapés interrogés à l’époque est décédée et le livre est épuisé sans avoir pu remplir sa mission de sensibilisation auprès d’un public plus large : écoles, association de jeunes, bibliothèques communales, association d’éducation permanente.

3. Les auteurs :
Dominique Rozenberg est sociologue de formation et travaille actuellement à la Ligue des droits de l’Homme asbl :
« Issue d’une famille juive, très jeune j’ai été amenée à entendre parler de la Shoah. Le projet de ce livre remonte pour moi au jour où j’ai demandé à ma grand-mère pourquoi je n’avais pas de grand-père, et où je me suis entendu répondre qu’il était mort dans un camp de concentration. Ce livre est ma façon de lui rendre hommage en même temps que l’expression de mon refus de l’intolérable et de l’irréparable » in note de l’enquêtrice » . in Le passage du témoin page 17.

André Goldberg est photographe et cinéaste :
« Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Treblinka,…. Ces noms – comme malheureusement, bien d’autres encore – résonnent dans ma mémoire depuis l’enfance comme la mort.
Cinquante années après la libération des camps d’extermination nazis, qu’en reste-t-il dans la mémoire du monde ?…. la photographie me permet de révéler mes émotions, d’exorciser les meurtrissures et de fixer les peurs de ma mémoire. » in note du photographe ». in Le passage du témoin , page 27.

Nous nous sentions investis d’une mission de transmission de la mémoire en tant que parents mais aussi en tant que citoyens. Nous pensions que connaître la barbarie nazie était nécessaire pour éviter que cela ne recommence. Nous étions conscients que les juifs n’avaient pas été les uniques victimes des camps de concentration nazis, mais nous faisions nôtres à cet égard les propos d’Elie Wiesel : « En racontant le martyre de mon peuple, j’évoque la souffrance de tous les peuples privés de liberté en Europe occupée » in Discours d’Oslo, Paris Grasset, 1987, p.38.

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