Le Cantique des Cantiques

FR (EN below)
LE CANTIQUE DES CANTIQUES
Film court-métrage expérimental
Scénario et Réalisation : André Goldberg (32’36 ») / l’image latente, 2020
Avec le soutien de la Commission des Arts plastiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Ecrit par un compilateur du IVe siècle avant notre ère, Le Cantique des Cantiques, est une ode sensuelle et passionnée. et un des livres de l’Ancien Testament. C’est le livre le plus poétique de la Bible, mais c’est aussi le plus sulfureux et le plus subversif. Et il est étonnant qu’un texte ayant une telle charge érotique ait été conservé dans les livres saints. Le livre a d’abord été rejeté à cause de son caractère profane, dont témoignent les nombreuses images érotiques du texte, et les exégètes juifs et chrétiens se sont souvent montrés perplexes devant ce livre, bien qu’il soit reconnu comme faisant partie du canon biblique. L’exégète André Lacocque a même avancé l’hypothèse que le Cantique des Cantiques puisse avoir été rédigé par une femme, étant donné la large place qui y est laissée aux personnages féminins, et pour qui ce texte serait le premier texte féministe de la littérature mondiale. Du point de vue du religieux, le texte est une allégorie de la relation d’amour qu’entretiennent Dieu et son peuple (dans le Judaïsme) ou le Christ et son Eglise (dans le Christianisme). Pour d’autres, cette interprétation allégorique et symbolique est progressivement remise en cause à la lecture des images érotiques sans équivoques que contient le texte.
(Sources Wikipedia)

Les monologues croisés des deux principaux protagonistes (La Bien-Aimée et le Bien-Aimé) nous plongent dans les affres de l’attente de la Bien-Aimée entre les brèves visites de son Bien-Aimé. Est-il en exil ? Est-il un soldat qui revient de la guerre ? Les thèmes de l’exil et de la solitude constituent ainsi la partie centrale du texte, mais l’amour éternel triomphe, contres vents et marées, de la souffrance endurée par la séparation et l’absence.
Pour élaborer les séquences de ce scénario, je me suis bien entendu inspiré des vers de ce poème, mais étant donné que ce texte est issu de l’Ancien testament, j’ai partiellement puisé mon inspiration dans les récits bibliques : la création du monde, Adam et êve, Samson et Dalila, Les Patriarches, Sodome et Gomorrhe,… ainsi que dans les traditions et coutumes des trois grandes religions monothéistes sémitiques : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, mais aussi dans les rites de l’Antiquité, la période contemporaine de ce texte.

Ce texte d’amour qui met en scène la relation intime et sentimentale forte entre un homme et une femme questionne, dans un premier temps, la relation au sein du couple et ses jeux de pouvoir, mais aussi le fait qu’aujourd’hui on accepte plus facilement dans nos sociétés occidentales que l’amour n’est pas une expérience vécue exclusivement entre un homme et une femme. Chose qui n’est pas encore acceptée, loin s’en faut, dans toutes les parties du monde. Ensuite, vient la réflexion sur la domination, ou la mise sous tutelle, de la femme par l’homme, et ce dans toutes les sociétés. Il ouvre aussi plus largement le concept de hiérarchisation du monde par les turpitudes de l’Histoire avec la main mise et une sorte de domination du monde par l’Occident, et par extension par l’Homme blanc.

EN
THE SONG OF SONGS
Experimental short-film  (Video installation )
Script & direction : André Goldberg (32 min.) / l’image latente, 2020
With the support of the Visual arts Commission of the Wallonia-Brussels Federation (Belgium).

Written by a compiler of the fourth century BC, The Song of Songs, is one of the Old Testament books, a series of eight poems, alternating love songs between a woman and a man who take witness to other people and elements of nature. Although it is recognized as part of the biblical canon in the three major monotheistic religions of the Middle East, Jewish, Christian and Muslim, with obvious filiation, the reading of the text has an unequivocal erotic and sensual sometimes very raw sexual character of the text. It is the most poetic book of the Bible, but it is also the most sulphurous and the most subversive. And it is surprising that a text with such erotic content has been preserved in the holy books. The book was initially rejected because of its profane character, and Jewish and Christian scholars were often perplexed by this book. The exegete André Lacocque has even advanced the hypothesis that the Song of Songs may have been written by a woman, given the large place left to the female characters, and for whom this text would be the first feminist text of the literature World. From the religious point of view, the text is an allegory of the love relationship between God and his people (in Judaism) or Christ and his Church (in Christianity). For others, this allegorical and symbolic interpretation is gradually called into question when reading the erotic images contained in the text.